CGT NETTOYAGE 49

Rupture conventionnelle : une leçon de morale

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L'Histoire

Mars 2018. Cela se passe dans un société basée dans la région. Nous ne citerons aucun nom, mais le protagoniste principal se reconnaîtra.

A 3 années de la retraite, une salariée a demandé à son employeur une rupture conventionnelle.  Ce dernier l’a reçu pour un entretien obligatoire dans ce cadre.

Elle pensait depuis pas mal de temps à utiliser ce moyen pour sortir d’une société qui n’a jamais vraiment reconnu la valeur de son travail. Requalifiée péniblement AS2 au lieu de AS1, absente pendant de  nombreux mois pour dépression, cette solution était de toute évidence la meilleure.

La rupture lui a été accordée. Alors pourquoi cet article ?

Un entretien quelque peu déstabilisant.

 

A aucun moment, le patron de cet entreprise ne s’est inquiété du motif de cette rupture. Les conditions de travail, la santé du personnel ne lui ont pas effleuré l’esprit. Bien au contraire, la leçon de morale  s’est déroulée implacablement dont nous vous donnons quelques extraits :

  • “vous vous rendez compte si tout le monde demandait la rupture conventionnelle…”
  • “généralement, je ne l’accorde que pour de bonne raisons, par exemple pour la création d’une société…”
  • “votre rupture a un coût et ce sera cela de moins pour vos collègues lorsqu’ils toucheront leur participation…”
  •  “vous allez profiter du système ! Moi, je n’ai jamais été au chômage…”  (facile à dire lorsque l’on sort d’un milieu aisé).

Pour faire bref, cette véritable tentative de culpabilisation n’a pas encore été digérée par cette salariée. “Il s’est permis de me juger alors qu’il ne connait pas mon parcours professionnel. Je n’ai jamais profité d’un quelconque système et la seule fois où j’ai été au chômage, cela a été à la suite d’un licenciement économique. J’ai toujours travaillé.. Quand il m’a remplacé pendant mes arrêts, il a payé les remplaçants en les sous-qualifiant AS1  et ils n’avaient  pas de prime d’expérience.  Je n’ai quasiment rien touché en Prime de Fin d’Année puisque j’ai eu des absences et qu’elle est calculée prorata temporis. Alors, me culpabiliser sur ce que je coûte à la société, c’est malhonnête. Au final, je m’en fous,  il m’a pris pour une conne, mais je suis bien mieux comme ça” nous a t-elle confiée , écœurée.

Qui profite du système ...?

Nous rappellerons ici à ce patron que la demande de rupture conventionnelle  est légale, et qu’il n’a aucune obligation de  l’accepter. Réclamée  par le patronat, elle a été mise en place sous la présidence SARKOSY, gouvernement FILLON. 

Nous lui rappelerons qu’outre les traditionnelles aides à l’embauche, il bénéficie entre autres  des réduction FILLON et du CICE dont on connait le bilan calamiteux. Question : qui profite du système ?   Combien lui a rapporté le CICE ?

N’est-ce pas également profiter du système lorsqu’il :

– sous qualifie ses salariés

– remplace les salariés absents par des agents AS1  

– ne leur paye pas la prime de transport ou d’expérience, le temps de la visite médicale, le temps passé lors des convocations aux entretiens préalables, abuse des sanctions… 

– ne réalise pas les entretiens professionnels obligatoires

– etc, etc …

Prochain arrêt : NICE

d’où nous partirons sur SOPHIA ANTIPOLIS  pour le siège de GSF. Nous donnerons notre avis sur la pratique de GSF de l’Annexe 7 de la Convention Collective.